Le Taureau Cocardier

Chaque taureau cocardier possède une valeur différente en face des hommes et également une renommée différente. Les cocardiers ont un style de combat personnel qui fait que par exemple un bon premier ne pourra courir en vedette.

Le premier taureau d’un programme de course devra être un taureau vif et agile sans être d’une grande férocité, dangereux par ses fusées brusque dans la foule des raseteurs et habile à défendre ses attributs. Son rôle sera celui de lever le rideau, et il devra intéresser les spectateurs sans les passionner, sous peine de voir souffrir de la comparaison, ses successeurs en piste. Il devra faire courir les hommes de manière à les amener à un état de fatigue propre à faire briller dans leurs poursuites les cocardiers suivants ; si les hommes sont moins en souffle, leurs passages devant la bête et leur fuites seront moins rapides et donneront plus facilement lieu aux poursuites serrées (anticipations) et aux coups de barrière qui sont les grands moments de la course camarguaise.

En effet, le taureau ne s’engage à corps perdu dans la bataille contre l’homme que quand il sent une possibilité de l’atteindre. Si l’homme est trop vif et se porte rapidement hors de l’atteinte de la bête, celui-ci se découragera, et ses poursuites perdront de leur allant.

Il y a des taureaux que leur manière de courir désigne pour ce rôle préliminaire : ce sont les taureaux mobiles qui courent comme les taureaux jeunes et qui, ne se fixant pas dans une « querencia », obligent les hommes à se déplacer.

Le deuxième taureau sera aussi un animal qui fera courir les hommes et préparera de cette manière la prestation de la vedette. Lui également ne devra pas être un animal trop facile et dépouillé de ses attributs dès les premières minutes de sa course.

Le troisième taureau sera plus fort et plus expérimenté. Il devra être brillant mais inférieur à son successeur immédiat dans le spectacle, qui sera la grande vedette.

L’entracte a effacé une partie de la fatigue des hommes, et le public attend le principal taureau de la course

Le quatrième taureau, c’est donc après cette pause que l’ordonnateur du spectacle doit faire sortir la vedette du lot, dont la renommée a attiré les spectateurs, car ceux-ci assistent à la course, surtout pour le taureau dont le nom est sur toutes les bouches à la suite d’un succès retentissant, lors de sa dernière sortie.

Le cinquième taureau, une vedette ou alors un animal de renommée apprécié des afeciouna.

Le sixième taureau, un espoir ou un bon cocardier d’expérience.

Dans le cas des concours de manades, où tous les cocardiers sont des vedettes, l’organisateur devra essayer d’équilibrer son spectacle de la même manière, et de présenter les taureaux dans un ordre tel qu’aucun d’entre eux ne porte préjudice à son prédécesseur ou à son successeur, ce qui est une chose très difficile.

Un facteur important entre en jeu dans le déroulement de la course, sur lequel les organisateurs ne peuvent pas agir : la condition momentanée du taureau, car il est difficile à un manadier de savoir si ses taureaux, en général et un en particulier, brilleront.

Il y a certes celui dont on connait la régularité de forme, l’état de santé et le nombre de courses données dans la saison, sur lequel on peut faire des prévisions avec de bonnes chances de succès ; mais, comme le facteur psychique intervient en même temps que la forme physique, il est impossible à l’éleveur de se prononcer à l’avance sur la présentation de l’animal.